Interview de Jean-Louis Gérus par Jean-Pierre Feste, journaliste.

Vous êtes tête de liste, et vous êtes soutenu par le Modem, l’UMP, le Nouveau Centre et le Parti Radical, mais finalement de quel parti êtes-vous ?

Personnellement, et depuis 1969, j’adhère aux idées des partis centristes qui se sont succédés sur l’échiquier politique français : Centre Démocrate, Centre des Démocrates Sociaux, Force Démocrate, Union pour la Démocratie Française, et enfin Mouvement Démocrate. C’est à ce parti que j’appartiens. Il porte les valeurs philosophiques défendues par Marc Sangnier au début du 20 siècle et qui ont été incarnées à la Libération par Robert Schuman et le MRP (Mouvement Républicain Populaire). Elles répondent à la définition que proposait Marc Sangnier pour la République : « le régime politique qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité de chacun. »

Pour cette élection, vous avez des alliés très divers qui ne partagent pas forcément vos convictions profondes. Si vous gagnez, cette diversité ne sera-t-elle pas à l’origine de problèmes de gouvernance ?

Les amis avec qui j’ai formé cette liste sont issus d’un mouvement né en 1971 à Gentilly pour combattre les dérives des politiques de gauche dans la ville. Nous avons fondé ensemble en 1983 l’association Gentilly Entente, qui présente depuis à chaque élection municipale une liste qui regroupe des Gentilléens qui désapprouvent la gestion de la ville par les élus du parti communiste français. Nous nous connaissons bien, il arrive même que nous nous confrontions comme notamment au premier tour de la dernière élection présidentielle, mais nous savons que nous pouvons œuvrer dans la même direction pour Gentilly.

Vous avez dû élaborer un programme ensemble, quelles sont les premières actions à mener ?

Le bilan de la municipalité sortante est tel qu’il y aura de nombreux chantiers prioritaires, mais ceux qui concernent le plus les gentilléens sont celui de la sécurité et celui de la propreté. Il faut que la convivialité s’instaure dans les rues et que les trop nombreuses incivilités en soit bannies. Pour ce faire, il est indispensable de déployer une police municipale non armée mais dissuasive qui manifeste sur le terrain l’autorité de la puissance publique en relation avec la police nationale. Et si nécessaire dans certains quartiers un système de vidéo surveillance sera implanté pour faciliter la tâche de la police.

Pour la propreté, il y a également une action à mener contre les incivilités, et la police municipale en sera également chargée. Les services municipaux auront enfin leur part de responsabilités à assumer afin de rendre une prestation de meilleure qualité.

Ces premières actions resteront permanentes, mais quelles seront vos actions à plus long terme ?

Notre grand projet pour le mandat sera d’offrir aux sportifs un équipement du 21 siècle. Cet équipement remplacera l’actuel gymnase du complexe Maurice Baquet et sera conçu pour accueillir les manifestations culturelles et doter la ville de la salle de spectacle qui lui manque. Il est en effet possible d’installer des gradins escamotables qui permettent de moduler l’utilisation de l’espace en fonction des besoins, notamment pour permettre aux élèves et aux professeurs du conservatoire de se produire devant la population. Par ailleurs, nous poursuivrons bien entendu les grands projets urbains initiés avec le concours de l’Etat, de la Région et du Département, qui sont ceux de la couverture de l’autoroute B6 et de la rénovation urbaine du Chaperon Vert. Nous militerons également pour obtenir la couverture de l’autoroute A6 afin de rendre à Gentilly une partie de son territoire confisquée dans les années 60.

Ces projets nécessitent des moyens importants comment pensez-vous les financer sans augmenter les impôts ?

Il existe à Gentilly des réserves foncières considérables dont la principale est celle sur laquelle subsiste une célèbre ruine, celle du lavoir bains douches. A cet emplacement pourrait s’édifier un immeuble de bureaux comparable à celui qui abrite le siège d’Ipsos, ou celui de la société Colorine. Ce bâtiment serait générateur pour la ville de recettes d’investissement importantes au moment de la cession des droits à construire, puis de recettes de fonctionnement récurrentes au titre des taxes foncière et professionnelle.
Notre engagement est de toute façon la maîtrise des dépenses municipales, la vigilance quant au niveau d’endettement et la stabilité des taux des impôts locaux, contrairement aux pratiques en vigueur depuis sept ans.
Il y a aussi d’importantes marges de manœuvre en réalisant de substantielles économies dans les dépenses destinées au confort idéologique des élus communistes qui achètent par exemple pour le compte de la ville à des prix exorbitants des œuvres d’artistes dont la notoriété n’est pas reconnue et dont les gentilléens ne profitent pas.
Il y a également des économies à faire dans les dépenses de personnel (63% des dépenses de fonctionnement) et dans la gestion du centre médical de santé (près de 800.000 € de déficit). Bref, il ne sera pas besoin d’augmenter les impôts pour réaliser notre programme.

Comment pensez-vous répondre à l’attente de vos concitoyens en matière de logement ?

C’est dans un souci de plus grande mixité sociale que nous aborderons la question du logement. Le secteur social est trop représenté dans la ville et il faut rééquilibrer son importance relative en encourageant les opérations d’accession à la propriété comme cela a déjà été entrepris timidement dans la ZAC porte de Gentilly, ainsi qu’à l’occasion d’opérations ponctuelles dans certains quartiers. L’essentiel de l’effort en matière de logement concernera de toute façon dans les prochaines années le quartier du Chaperon Vert qui sera profondément transformé pour accueillir de nouveaux habitants et pour améliorer le logement des résidents actuels. Il faudra également réformer les méthodes d’attribution des logements sociaux dans le sens d’une plus grande transparence. Il faudra enfin donner aux habitants éligibles au logement social la possibilité d’accéder à la propriété dans des résidences construites à cet effet. Toute cette action sera menée dans le cadre du plan local d’urbanisme que nous avons voté en 2006, parce qu’il permet justement une densification maîtrisée du territoire favorable au parcours résidentiel des gentilléens selon leurs aspirations et à l’accueil de nouveaux habitants, tout en préservant les quartiers pavillonnaires constituant une richesse du paysage de Gentilly.

Qu’en est-il, dans votre programme, de la petite enfance et de l’école ?

Il s’agit là d’une mission essentielle de la commune : l’accueil des plus jeunes habitants. Il faut mettre à la disposition des parents qui le souhaitent des possibilités de gardes et d’assistance maternelle en qualité et en capacité suffisantes. Puis quand les enfants grandissent, il faut que l’école les accueille dans les meilleures conditions pour qu’ils réussissent leur scolarité, et préparent ainsi leur vie future d’adulte et de citoyen. L’action dans ce domaine est à mener jour après jour pour améliorer l’existant et offrir de nouvelles possibilités d’accès au savoir et à la culture.
Le rôle de la commune ne s’arrête pas aux portes du collège, elle a le devoir d’accompagner les jeunes dans l’acquisition du savoir en leur permettant de développer leurs talents artistiques, sportifs et culturels, jusqu’au seuil de la vie adulte.

Auriez-vous évolué sur ce sujet puisqu’au cours du dernier mandat vous aviez critiqué la politique de la municipalité concernant la médiathèque, pourtant vous inscrivez cette réalisation parmi les moyen de votre politique future ?

Je considère toujours que la médiathèque telle qu’elle est réalisée est mal implantée, surdimensionnée et peu accessible à de nombreuses couches de la population. Son implantation est irrationnelle, à proximité immédiate de la maison Doisneau et d’un immeuble d’habitation. En outre, les accès sont peu pratiques voire dangereux et l’existence d’un terrain vague attenant n’est pas de nature à mettre en valeur l’édifice. Mais puisque cet équipement existe, il faut l’utiliser au mieux en augmentant ses heures d’ouverture (actuellement 24 h hebdomadaires !) et en promouvant auprès des jeunes le goût de la lecture et de la fréquentation des salles pour leurs travaux de recherche.


Il y a longtemps que la politique, en particulier celle de la ville, vous préoccupe, pour certains c’est le pouvoir, l’argent… et vous qu’est ce qui vous motive ?

J’ai lu à l’adolescence un ouvrage de Robert Buron dont le titre était : « le plus beau des métiers ». Ce métier était celui d’élu local au service de ses concitoyens. Depuis lors, j’espère un jour exercer cette charge et je pense qu’il est temps quelques années avant la retraite de m’y consacrer, alors que je m’y suis indirectement préparé tout au long de ma carrière professionnelle, et puis directement en exerçant des mandats d’élus, et en m’intéressant au plus près à la politique de mon pays. Au lieu du mot pouvoir je préfère celui de responsabilité et, quant à l’argent, ce n’est pas ma motivation.

L'Edito du candidat

Chers gentilléennes, chers Gentilléens,

Après 56 années vécues à Gentilly, 40 années d’engagement politique, 13 années de mandat en tant que conseiller municipal, je présente à vos suffrages une liste de femmes et d’hommes qui partagent mon affection pour cette ville de banlieue où nous trouvons qu’il fait bon vivre, et dont nous voulons davantage encore améliorer les conditions d’existence qui vous sont faites.

La commune, c’est essentiellement l’accueil et l’éducation primaire de vos enfants, c’est l’entretien et l’embellissement des espaces de vie que sont les rues et les places, c’est le sport et la culture pour tous, et des services efficaces et accueillants pour vous aider à vivre.

C’est aussi un budget alimenté par vos impôts qu’il faut savoir alléger, un patrimoine qu’il faut savoir gérer avec responsabilité au service du plus grand nombre.

Nous venons des quatre coins de Gentilly, du Chaperon Vert à Victor Hugo, du plateau Mazagran au Val de Bièvre en passant par le Reine Blanche, le Centre Ville et Frileuse.

Nous serons au service de tous, et je suis le garant des engagements que nous prenons devant vous.

Je sollicite votre confiance, et je m’engage à en être digne.

Jean-Louis Gérus